Un entretien avec Roger Teilhard 'Les Allobroges' 4 et 11 mai 1978
François VERNHES, un cri,
« Un trou dans l’ombre »
« Une déchirure dans le silence »
« Un trou dans l’ombre »
« Une déchirure dans le silence »
« C’est parce que je suis venu manger à cette table d’hôte, parce que je me suis grisé quelquefois et qu’étant gris j’ai eu de l’audace et de l’entrain, c’est parce que je suis sorti de la vie de travail acharné et morne pour flâner avec ces flâneurs, que je suis parvenu à trouver l’ombre et à déchirer le silence… »
(Jules Vallès – L’Insurgé)
C’est une des phrases que peut résumer, tout au moins pour ce que je connais, le « Dire », la démarche, de mon ami François Vernhes qui, depuis déjà plusieurs années, a pris son baton de pèlerin pour chercher au-delà de son silence et du silence des autres, le son de sa voix, à travers des mots qu’il ne pouvait qu’écrire… Et qu’il vient de dire récemment au micro.
Un pas vers la lumière : Les premiers écrits, le silence de Jean
Ce « Dire » vient-il de loin ? Qui ou quoi a provoqué ton « Dire » ?
-Je viens de me souvenir qu’à l’âge de 8 ans lorsque j’avais une permission à demander à mes parents, je la formulais rarement verbalement. Je préférais poser la question par écrit : « Maman, est ce que je peux sortir, aller avec un tel ou un tel… » C’est le plus vieux souvenir de l’utilisation de l’écrit. À partir de là, j’ai continué à remplir des carnets, des cahiers, de petits textes personnels, de peindre des situations quotidiennes, des réflexions à coucher noir sur blanc certains de mes problèmes. J’étais sur mes 13 ans.
Tes écrits prennent une part essentielle dans la relation avec l’autre, mais comment a évolué cette forme de rapport pour arriver à devenir publique avec le « Silence de Jean », « L’Impossible demain », « Dire »… ?
-Ce cahier, je ne le fermerai que lorsque j’aurai quelqu’un à qui parler ; j’avais écrit cela sur la première page d’un de mes cahiers. Je dis souvent aussi : « Si la maison brûlait, j’emporterais au moins la valise dans laquelle je garde tous ces écrits » Donc effectivement ces écrits sont très importants pour moi, j’y tiens d’une certaine façon, c’est mon existence.
« Le silence de Jean » est un recueil qui n’a beaucoup coûté au point de vue travail et relation avec autrui. Il a été un point de facture avec certains de mes proches ; je me garde le droit de le citer : « Aujourd’hui, je vais en parler. J’en ai besoin. Avant je ne parlais pas j’étais malade de ne pas parler. Si je parle, les autres vont dire : Il est malade. Ce n’est pas important. Mais, je serais guéri, si je parle. Je le sais. Avant, je pensais, je réfléchissais, mais je ne parlais pas ».
Oui, c’est cela un vrai besoin, une nécessité de communiquer. Le problème est là longtemps j’ai été malade de ne pouvoir dire. Depuis trop d’années, expérience accumulée, faisant pression, j’avais besoin de m’expliquer non pas de me justifier mais d’expliquer aux gens que j’aime, le pourquoi de ces choses-là, de mon cheminement ma démarche.
C’est vrai que « Le silence de Jean » est la concrétisation d’une démarche douloureuse solitaire, pour transformer et améliorer une existence fade, étouffante castratrice. Mais à mon avis, les problèmes posés, même s’ils se sont résolus, vont plus loin que celui d’un simple sursaut de vie, c’est tout le problème : homme / homme / société personnalité qui est posé :
« Jetons bas les masques
Messieurs
Osez
Osez
Messieurs.
Nous dire
D’homme à homme
Ce que vous dites
De nous
Entre vous.
Vous nous faites sourire
Et notre sourire
Est une arme
Il est temps
De réagir
Vos employés
Adultes
Connaissant vos méthodes
Les utilisant
À leur tour
Font fi de votre paternalisme.
Messieurs
Au temps de Zola
Vous nous tapiez
Sur l’épaule
Plus tard
Avec sollicitude
Vous arrangiez
Notre cravate
Aujourd’hui
Si « bon travail »
Avons fait
Vous nous emmenez en vacances
Et demandez
Des nouvelles
Des enfants…
Ne vous croyez pas installés dans
Vos postes, vous qui aimez passionnément les responsabilités, méfiez-vous :
La neige tombe sur toute la nature, mais reste plus longtemps sur les sommets. »
Une autre chose, un futur
En même temps, qu’une œuvre thérapeutique, il y a autre chose, et cette autre chose prend la couleur du future, du demain.
Ce n’est pas une création récente, je l’ai terminée en octobre 1976 et on est en 1978. C’et le premier d’une trilogie. L’impossible demain ! Dire… il est vrai actuellement que je ne retrancherai rien de ce que j’ai fait ; au contraire, ma volonté d’aller plus loin, d’élargir, d’aller au-delà de ma famille d’un cercle étroit y avait les choses et moi, maintenant de connaissances, cette autre chose, c’est également une profession de foi une perspective d’un choix et c’es très clair dans la dernière partie avec mes deux derniers mots : « Avant il y a moi qui regarde les choses. Je ferai tout renaître au travers de moi » Dis tu viens avec moi, regarder le tournesol, regarder l’oiseau, hier c’était un bel et grand oiseau, mais tout vide, ce matin, il est tout petit, mais il va de la fleur à la rivière. Il nous attend, je crois ».
Alors, quel avenir pour ces écrits, dans l’immédiat et pour plus tard ?
Comme je le disais, je ne renie rien, je ne tranche rien. Il me semble qu’une proposition d’édition se fasse jour, tu sais combien il est difficile de trouver éditeur patenté, mais pour cela je crois que j’épaissirai, j’ajouterai, je compléterai. Je ne veux pas en rester là, mais je ne peux pas dire comme on l’entend trop souvent « c’est un ouvrage de jeunesse »
Les derniers écrits, la sortie publique
Quelles ont été les sources d’inspiration de « l’impossible demain et de Dire » ?
-« L’Impossible demain » ce n’est plus de la prose, c’est un ensemble de textes en vers libres qui constitue une histoire. Il commence par un texte qui s’appelle « Ta Maison » et finit par un autre qui s’appelle « As de Pique ». C’est une histoire d’amour. Un amour que j’ai vécu en tant que « vieil adolescent » que je suis encore. C’est une rencontre, une progression dans l’amour, « le désamour », ses conséquences.
« Dire… », c’est tout à fait différent, « Dire… » est un recueil qui n’a pas de début, ni de fin avec des textes datés dont quelques-uns sont antérieurs à Jean, avec du vers libre, des anecdotes. C’est un panorama électrique. C’est un panorama où j’explique comment j’ai réalisé cela, le premier texte s’appelle « Oser ».
Mise à part cette volonté personnelle, cette motivation profonde, cela nécessite tout de même quelques moyens, le temps, l’argent ? Comment arrives-tu à dire toutes les choses que tu as à dire ?
-Mon travail actuel me permet d’avoir relativement du temps. De toute façon, le temps, on peut le trouver, quitte à empiéter sur le sommeil, le loisir. Ce n’est pas un problème majeur.
Pourtant la vie actuelle englue ou embourbe les désirs et les choix ?
-Pour les choses que je désire, j’ai toujours trouvé le temps pour les faire, les avoir, au détriment souvent d’une vie traditionnelle ou conformiste. Si j’étais resté vendeur en pantalons, c’est clair que je n’aurais pas eu « le temps nécessaire ». C’est vrai que j’ai pu aménager ma vie professionnelle après avoir d’ailleurs travaillé pendant 15 mois comme manœuvre.
-Pour le problème de l’argent, j’ai eu aussi la chance de trouver une camarade qui, malgré ses obligations familiales et professionnelle m’a tapé tout mon texte. Et puis, j’ai lancé quelques souscriptions pour me payer le papier et l’encre. Avec un autre camarade, je l’ai ronéotypé dans mon salon à 250 exemplaires. Je tiens à signaler que dans mon emploi actuel, je gagne 2000 F par mois et que je n’ai pas d’aide extérieure par ailleurs.
Dans tes projets immédiats, est-ce qu’il y a des choses qui se précisent ?
Ma soirée au « Moonshine » était un pari : organisé dans une discothèque, une soirée poésie-chanson. Cette « Veillée d’un temps présent » était assurée par mes amis, Jean Bret et Pierrot Vidal, auteurs-compositeurs – interprètes ainsi que moi-même. Cette gageure s’est transformée en un réel succès puisqu’il y a eu près de 300 entrées, ce jeudi-là. Je remercie la direction de la discothèque d’avoir pu me laisser m’exprimer. Il y a aussi la rencontre providentielle avec René Baron que chantent Gabriel Cousin et Dorigné. René m’a passé le micro dans plusieurs de ses soirées.
Justement, puisque tu as pris le micro, est-ce que tu donnes une signification particulière aux mots ?
-Quand je lis des livres auxquels je suis particulièrement attaché, je dis certains passages à haute voix. Pour les recueils, je recommande à l’ami lecteur de les lire à haute voix. Pour restituer la sincérité je pense qu’il faut la redire. Les mots que j’écris, je voudrais les dire. Mon support privilégié ne serait pas le livre mais la bande sonore, le spectacle où je peux moi-même dire ces mots, en soulignant avec une intonation, un regard, un geste. La ponctuation de mon « dire », c’est cette intonation, ce regard, ce geste qui accompagne. C’est un mot qui s’envole dans l’espace que je trouve plus présent que l’écrit.
Pour en revenir au présent et à René Baron, je crois que tu dois participer à d’autres manifestations à ses côtés ?
Oui, par exemple, le 18 mai à la salle des fêtes de Valence, au Gala de l’Association des Paralysés de France de la Drôme. J’aime beaucoup ce qu’il fait et je trouve sa chanson de qualité.
La poésie, la prose, la littérature, le spectacle : comment arriver malgré les entraves que pose notre système de société, à se faire entendre, à s’exprimer, pour pouvoir au mois se dire : « Je ne suis pas seul à réfléchir, à rêver sur ça et cela. Est-ce un luxe ? Je crois, qu’il n’est pas de besoin, plus humain ».
(Jules Vallès – L’Insurgé)
C’est une des phrases que peut résumer, tout au moins pour ce que je connais, le « Dire », la démarche, de mon ami François Vernhes qui, depuis déjà plusieurs années, a pris son baton de pèlerin pour chercher au-delà de son silence et du silence des autres, le son de sa voix, à travers des mots qu’il ne pouvait qu’écrire… Et qu’il vient de dire récemment au micro.
Un pas vers la lumière : Les premiers écrits, le silence de Jean
Ce « Dire » vient-il de loin ? Qui ou quoi a provoqué ton « Dire » ?
-Je viens de me souvenir qu’à l’âge de 8 ans lorsque j’avais une permission à demander à mes parents, je la formulais rarement verbalement. Je préférais poser la question par écrit : « Maman, est ce que je peux sortir, aller avec un tel ou un tel… » C’est le plus vieux souvenir de l’utilisation de l’écrit. À partir de là, j’ai continué à remplir des carnets, des cahiers, de petits textes personnels, de peindre des situations quotidiennes, des réflexions à coucher noir sur blanc certains de mes problèmes. J’étais sur mes 13 ans.
Tes écrits prennent une part essentielle dans la relation avec l’autre, mais comment a évolué cette forme de rapport pour arriver à devenir publique avec le « Silence de Jean », « L’Impossible demain », « Dire »… ?
-Ce cahier, je ne le fermerai que lorsque j’aurai quelqu’un à qui parler ; j’avais écrit cela sur la première page d’un de mes cahiers. Je dis souvent aussi : « Si la maison brûlait, j’emporterais au moins la valise dans laquelle je garde tous ces écrits » Donc effectivement ces écrits sont très importants pour moi, j’y tiens d’une certaine façon, c’est mon existence.
« Le silence de Jean » est un recueil qui n’a beaucoup coûté au point de vue travail et relation avec autrui. Il a été un point de facture avec certains de mes proches ; je me garde le droit de le citer : « Aujourd’hui, je vais en parler. J’en ai besoin. Avant je ne parlais pas j’étais malade de ne pas parler. Si je parle, les autres vont dire : Il est malade. Ce n’est pas important. Mais, je serais guéri, si je parle. Je le sais. Avant, je pensais, je réfléchissais, mais je ne parlais pas ».
Oui, c’est cela un vrai besoin, une nécessité de communiquer. Le problème est là longtemps j’ai été malade de ne pouvoir dire. Depuis trop d’années, expérience accumulée, faisant pression, j’avais besoin de m’expliquer non pas de me justifier mais d’expliquer aux gens que j’aime, le pourquoi de ces choses-là, de mon cheminement ma démarche.
C’est vrai que « Le silence de Jean » est la concrétisation d’une démarche douloureuse solitaire, pour transformer et améliorer une existence fade, étouffante castratrice. Mais à mon avis, les problèmes posés, même s’ils se sont résolus, vont plus loin que celui d’un simple sursaut de vie, c’est tout le problème : homme / homme / société personnalité qui est posé :
« Jetons bas les masques
Messieurs
Osez
Osez
Messieurs.
Nous dire
D’homme à homme
Ce que vous dites
De nous
Entre vous.
Vous nous faites sourire
Et notre sourire
Est une arme
Il est temps
De réagir
Vos employés
Adultes
Connaissant vos méthodes
Les utilisant
À leur tour
Font fi de votre paternalisme.
Messieurs
Au temps de Zola
Vous nous tapiez
Sur l’épaule
Plus tard
Avec sollicitude
Vous arrangiez
Notre cravate
Aujourd’hui
Si « bon travail »
Avons fait
Vous nous emmenez en vacances
Et demandez
Des nouvelles
Des enfants…
Ne vous croyez pas installés dans
Vos postes, vous qui aimez passionnément les responsabilités, méfiez-vous :
La neige tombe sur toute la nature, mais reste plus longtemps sur les sommets. »
La semaine prochaine, la suite de l’entretien : Une autre chose, un futur
Derniers écrits.
--------------------------------------------------------------Derniers écrits.
Une autre chose, un futur
En même temps, qu’une œuvre thérapeutique, il y a autre chose, et cette autre chose prend la couleur du future, du demain.
Ce n’est pas une création récente, je l’ai terminée en octobre 1976 et on est en 1978. C’et le premier d’une trilogie. L’impossible demain ! Dire… il est vrai actuellement que je ne retrancherai rien de ce que j’ai fait ; au contraire, ma volonté d’aller plus loin, d’élargir, d’aller au-delà de ma famille d’un cercle étroit y avait les choses et moi, maintenant de connaissances, cette autre chose, c’est également une profession de foi une perspective d’un choix et c’es très clair dans la dernière partie avec mes deux derniers mots : « Avant il y a moi qui regarde les choses. Je ferai tout renaître au travers de moi » Dis tu viens avec moi, regarder le tournesol, regarder l’oiseau, hier c’était un bel et grand oiseau, mais tout vide, ce matin, il est tout petit, mais il va de la fleur à la rivière. Il nous attend, je crois ».
Alors, quel avenir pour ces écrits, dans l’immédiat et pour plus tard ?
Comme je le disais, je ne renie rien, je ne tranche rien. Il me semble qu’une proposition d’édition se fasse jour, tu sais combien il est difficile de trouver éditeur patenté, mais pour cela je crois que j’épaissirai, j’ajouterai, je compléterai. Je ne veux pas en rester là, mais je ne peux pas dire comme on l’entend trop souvent « c’est un ouvrage de jeunesse »
Les derniers écrits, la sortie publique
Quelles ont été les sources d’inspiration de « l’impossible demain et de Dire » ?
-« L’Impossible demain » ce n’est plus de la prose, c’est un ensemble de textes en vers libres qui constitue une histoire. Il commence par un texte qui s’appelle « Ta Maison » et finit par un autre qui s’appelle « As de Pique ». C’est une histoire d’amour. Un amour que j’ai vécu en tant que « vieil adolescent » que je suis encore. C’est une rencontre, une progression dans l’amour, « le désamour », ses conséquences.
« Dire… », c’est tout à fait différent, « Dire… » est un recueil qui n’a pas de début, ni de fin avec des textes datés dont quelques-uns sont antérieurs à Jean, avec du vers libre, des anecdotes. C’est un panorama électrique. C’est un panorama où j’explique comment j’ai réalisé cela, le premier texte s’appelle « Oser ».
Mise à part cette volonté personnelle, cette motivation profonde, cela nécessite tout de même quelques moyens, le temps, l’argent ? Comment arrives-tu à dire toutes les choses que tu as à dire ?
-Mon travail actuel me permet d’avoir relativement du temps. De toute façon, le temps, on peut le trouver, quitte à empiéter sur le sommeil, le loisir. Ce n’est pas un problème majeur.
Pourtant la vie actuelle englue ou embourbe les désirs et les choix ?
-Pour les choses que je désire, j’ai toujours trouvé le temps pour les faire, les avoir, au détriment souvent d’une vie traditionnelle ou conformiste. Si j’étais resté vendeur en pantalons, c’est clair que je n’aurais pas eu « le temps nécessaire ». C’est vrai que j’ai pu aménager ma vie professionnelle après avoir d’ailleurs travaillé pendant 15 mois comme manœuvre.
-Pour le problème de l’argent, j’ai eu aussi la chance de trouver une camarade qui, malgré ses obligations familiales et professionnelle m’a tapé tout mon texte. Et puis, j’ai lancé quelques souscriptions pour me payer le papier et l’encre. Avec un autre camarade, je l’ai ronéotypé dans mon salon à 250 exemplaires. Je tiens à signaler que dans mon emploi actuel, je gagne 2000 F par mois et que je n’ai pas d’aide extérieure par ailleurs.
Dans tes projets immédiats, est-ce qu’il y a des choses qui se précisent ?
Ma soirée au « Moonshine » était un pari : organisé dans une discothèque, une soirée poésie-chanson. Cette « Veillée d’un temps présent » était assurée par mes amis, Jean Bret et Pierrot Vidal, auteurs-compositeurs – interprètes ainsi que moi-même. Cette gageure s’est transformée en un réel succès puisqu’il y a eu près de 300 entrées, ce jeudi-là. Je remercie la direction de la discothèque d’avoir pu me laisser m’exprimer. Il y a aussi la rencontre providentielle avec René Baron que chantent Gabriel Cousin et Dorigné. René m’a passé le micro dans plusieurs de ses soirées.
Justement, puisque tu as pris le micro, est-ce que tu donnes une signification particulière aux mots ?
-Quand je lis des livres auxquels je suis particulièrement attaché, je dis certains passages à haute voix. Pour les recueils, je recommande à l’ami lecteur de les lire à haute voix. Pour restituer la sincérité je pense qu’il faut la redire. Les mots que j’écris, je voudrais les dire. Mon support privilégié ne serait pas le livre mais la bande sonore, le spectacle où je peux moi-même dire ces mots, en soulignant avec une intonation, un regard, un geste. La ponctuation de mon « dire », c’est cette intonation, ce regard, ce geste qui accompagne. C’est un mot qui s’envole dans l’espace que je trouve plus présent que l’écrit.
Pour en revenir au présent et à René Baron, je crois que tu dois participer à d’autres manifestations à ses côtés ?
Oui, par exemple, le 18 mai à la salle des fêtes de Valence, au Gala de l’Association des Paralysés de France de la Drôme. J’aime beaucoup ce qu’il fait et je trouve sa chanson de qualité.
La poésie, la prose, la littérature, le spectacle : comment arriver malgré les entraves que pose notre système de société, à se faire entendre, à s’exprimer, pour pouvoir au mois se dire : « Je ne suis pas seul à réfléchir, à rêver sur ça et cela. Est-ce un luxe ? Je crois, qu’il n’est pas de besoin, plus humain ».